Florent ALAIN
Psychologue psychanalyste
S’adresser à quelqu’un pour mieux s’entendre
Venir adresser quelque chose à quelqu’un. Voilà le point de départ, ou plutôt le point d’étape d’une démarche dont on ne saurait négliger la portée. Car il y a déjà un travail à l’œuvre pour s’y résoudre, il y aura eu des tentatives pour faire avec ce qui ne va pas, pour s’accommoder d’une situation défavorable. C’est être arrivé au point où l’on reconnait que quelque chose en nous nous pousse à répéter des histoires douloureuses et à rencontrer les mêmes impasses. Solliciter une aide, c’est aussi faire le pari que nous avons quelque chose à dire sur nous et que cette parole pourra trouver une résonnance inédite si elle est reçue par quelqu’un d’extérieur, dans un cadre neutre et non jugeant. Ce sera alors le point de départ d’un cheminement, toujours imprévisible et singulier, au gré de la découverte et de l’élaboration de ce qui nous travaille à notre insu.


La psychanalyse en quelques mots…
La psychanalyse est entourée d’idées reçues que nous voulons battre en brèche le plus succinctement. Elle serait réservée à une élite intellectuelle et cultivée. L’intellection n’est certainement pas le ressort de son procédé : l’intellectualisation n’est d’aucun secours pour le travail analytique car si l’association libre est son principe, dire ce qui nous vient à l’esprit, toute entreprise réflexive est un détour qui participe davantage d’une certaine censure. La psychanalyse, c’est long et coûteux. En un sens, oui, la psychanalyse instaure une autre temporalité que la satisfaction immédiate de la promesse capitalistique. Cependant, la durée n’est pas inscrite dans son programme, c’est de l’ordre du temps qu’il aura suffi à quelqu’un pour passer à autre chose. Imprescriptible donc : longue, brève, inachevée ou discontinue, mais jamais interminable. La psychanalyse, c’est chère. Oui, cela coûte toujours quelque chose, en fonction des moyens de chacun, car son prix s’inscrit dans une économie psychique au cas par cas. Si elle était au rabais, ce serait alors trop cher payer sur le plan de la souffrance psychique.
La psychanalyse, c’est d’abord une pratique qui possède sa propre méthodologie. Quand on vient trouver un thérapeute psychanalyste, ce n’est pas forcément pour se lancer dans une longue analyse, on vient avant tout chercher des solutions pour aller mieux. Ce que l’on va rencontrer, c’est une certaine manière d’accueillir cette demande qui se démarque du protocole médical habituel. Il ne s’agira pas de classifier ou de qualifier votre symptôme pour l’indexer au répertoire des troubles psychologiques avec son corollaire de stratégies thérapeutiques uniformisées. La psychanalyse le reçoit comme un message à déplier sous la forme d’une question propre à chacune et chacun. L’enjeu consistera à lui donner une expression dépouillée des masques que la société nous enjoint de porter.
Entre les lignes
Entre la Loire et l’Erdre, le long de la ligne ferroviaire, le cabinet se trouve au numéro 14 de rue Crucy
Gilles Deleuze
« C’est à travers les mots, entre les mots, qu’on voit et qu’on entend. »
Sigmund Freud
“ Faute de pouvoir voir clair, nous voulons, à tout le moins, voir clairement les obscurités.”
Jacques Lacan
« Être psychanalyste, c’est simplement ouvrir les yeux sur cette évidence qu’il n’y a rien de plus cafouilleux que la réalité humaine. »